Les politiques jeunes vues par la Cour des comptes
Dans son dernier rapport, publié en mars 2025, la Cour des comptes présente des préconisations dans la mise en œuvre des politiques publiques pour les jeunes.
Le 1ᵉʳ volume est consacré aux politiques liées à l’éducation, à la formation et à l’aide à l’insertion professionnelle des jeunes. Le volume 2 est dédié aux actions de prévention santé et à l’apprentissage de la citoyenneté. Nous nous intéresserons dans cet article au volume 1.

Quelles préconisations par la Cour des comptes ?
L'enjeu majeur de notre société reste l'accès à l'éducation et à la formation des jeunes. Les différences sociales, économiques, géographiques sont autant d'éléments qui donnent aux jeunes des opportunités différentes d’accès à l’information en matière d’orientation, de formation, aux dispositifs d’accompagnement, aux aides financières et à l’emploi.
Selon la Cour des comptes, il est important de réduire ces inégalités, encore trop présentes selon les territoires. Plus précisément sur la partie orientation au collège et au lycée, la Cour des comptes souligne l'importance d'une orientation efficace pour lutter contre ces inégalités sociales et territoriales.
5 leviers d’action ont été identifiés.
Garantir l’équité de traitement des jeunes et développer des dispositifs de soutien en faveur des jeunes les plus en difficultés.
Certaines catégories de jeunes sont plus touchées par cette discrimination : les NEETs, les jeunes suivis par l’aide sociale à l’enfance, par exemple.
Repenser l’organisation et le contenu des parcours de formation initiale
L’orientation reste trop figée dans des déterminismes sociaux et géographiques. Il est indispensable de mieux informer les familles et de valoriser les qualités comportementales au sein des enseignements au même titre que les savoirs fondamentaux. Pour cela, la Cour des comptes préconise :
- D’insérer dans la formation des enseignants un module sur les compétences à s’orienter.
- D’adapter l’emploi du temps de l’enseignant référent pour pouvoir assurer pleinement leur mission d’orientation.
- D'expérimenter avec une ou plusieurs régions un rapprochement entre les différentes voies du lycée (général, technologique et professionnel).
Renforcer la lisibilité des dispositifs d’accompagnement et des aides proposées
Pour limiter le non-recours des jeunes à leurs droits sociaux, il conviendrait de simplifier les démarches administratives et de communiquer auprès des jeunes en situation de précarité. Concernant l’obligation de formation mise en place en 2020, une étude a révélé que 77 % des jeunes de 15 à 17 ans ne connaissent pas ce dispositif. Celle-ci note que, malgré des progrès, des efforts supplémentaires sont nécessaires pour prévenir le décrochage scolaire. Les préconisations sont :
- Définir des objectifs et des indicateurs pour mesurer les effets de l’obligation de formation.
- Adapter les modalités de communication auprès de 16-17 ans.
- Améliorer le repérage de jeunes qui n’ont pas respecté l’obligation de formation.
- Généraliser les cartes régionales de solutions de lutte contre le décrochage scolaire.
- Rendre plus accessibles les dispositifs d’accompagnement sur Parcoursup.
Mettre en place un suivi et une évaluation des mesures en faveur de jeunes
Les ministères de la Justice et celui de l’Enseignement supérieur sont concernés. Pour cela, la Cour des comptes préconise :
- D'évaluer les dispositifs d’accompagnement des jeunes sous main de justice. Dans la population pénale, les jeunes de 15 à 25 ans restent surreprésentés.
- D'évaluer les effets des projets PIA et France 2030 sur la réussite des étudiants en matière de lutte contre l’échec universitaire.
- D'assurer un suivi du parcours des étudiants, afin de mieux identifier les causes d’abandon.
- Doter la nation d’un plan stratégique en faveur des jeunes. Ce rapport insiste sur la nécessité d'une action publique cohérente et intégrée pour répondre aux besoins des jeunes, en améliorant la coordination entre les acteurs et en ciblant les dispositifs là où ils sont le plus nécessaires. Cette question est d'ailleurs au cœur de la Loi plein emploi.
Aide à l’entrée dans la vie active et à l’autonomie
Les dispositifs sont nombreux. PIC, Épide, CEJ …pour accompagner les jeunes vers l'emploi. Ils sont portés par de nombreux acteurs institutionnels et de terrain. Il faudrait proposer aux jeunes la possibilité d’avoir des passerelles entre les dispositifs. Pour cela, la Cour des comptes recommande de :
- Formaliser un cadre stratégique de la politique en faveur de l’emploi des jeunes pour la rendre plus cohérente.
- Cibler les actions sur les jeunes les plus éloignés de l’emploi, les jeunes dits invisibles.
- Construire des parcours sans rupture.
- Mettre en place une réelle évaluation des dispositifs avec une harmonisation des critères.
- Moduler l’aide à l’embauche d’apprentis en fonction du niveau du diplôme préparé.
L’enjeu des politiques publiques en faveur des jeunes est fort, ce n’est pas seulement une liste de mesures pour les jeunes, c’est préparer les jeunes à vivre dans une société plus équitable et durable.
Pour aller plus loin
- Pour approfondir le sujet des recommandations faites sur les actions de prévention santé des jeunes et leur engagement dans la société, lire le rapport public annuel, volume 2.
- Lire notre contenu dédié à la Loi plein emploi.
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