Transcription du webinar : "La santé mentale des jeunes : comprendre, prévenir, agir"
Certains dispositifs de remobilisation scolaire, de retour en formation, ou d’aide à l’accès à l’emploi ont leurs limites face à des jeunes vulnérables sur le plan psychologique. Quels sont les symptômes d’une santé mentale dégradée, comment agir ?
Intervenants
- Guillaume LEGRAND, Docteur médecin psychiatre, Chef de service et chef de pôle rétablissement au Centre Hospitalier Sainte-Marie de Clermont-Ferrand.
- Julie CARTIER, Infirmière, en formation master 2, Infirmière en Pratiques Avancées (IPA) mention psychiatrie et santé mentale au Centre Hospitalier Sainte-Marie de Clermont-Ferrand.
- Sophie ROUSSEL, Directrice Grande Région de l’association Nightline France.
Webinar animé par Yolande NAUDIN, chargée de mission ingénierie de l’orientation, Via Compétences.
Yolande Naudin, animatrice Via Compétences
Bonjour à tous, bienvenue sur ce webinaire. Nous avons choisi de parler de la santé mentale des jeunes, comprendre, prévenir, agir. Et effectivement, sachez que ce webinaire est inscrit dans un cycle de webinaire organisé et animé par Via Compétence, le CARIF-OREF, Auvergne-Rhône-Alpes. Je suis Yolande Naudin et je serais votre animatrice durant cette heure. Le plus simple, c'est de commencer par la santé mentale. Comme vous le savez, c'est un sujet d'actualité puisqu'il a été déclaré grande cause nationale en 2025. La santé mentale… plusieurs choses à comprendre, pouvoir connaître les préventions. Alors, ce que je vous propose simplement, c'est dans une première partie, comprendre la santé mentale, parce qu'effectivement, on a tous une santé mentale. On va aborder les actions de prévention, notamment auprès d'un public étudiant. Et ensuite, nous parlerons d'un dispositif original, dispositif ECAFIP. Et je terminerai par vous présenter quelques ressources. Pour vous en tant que professionnel. Mais je ne le ferai pas seule, puisque j'ai le plaisir d'accueillir sur ce webinaire nos intervenants. Bonjour Guillaume Legrand.
Guillaume Legrand : Bonjour.
Yolande Naudin
Vous êtes docteur, médecin, psychiatre, chef de service et chef de pôle rétablissement au CHU Sainte-Marie à Clermont-Ferrand. Vous êtes accompagné de Julie Cartier. Bonjour Julie.
Julie Cartier : Bonjour.
Yolande Naudin
Donc vous êtes infirmière en formation de master en pratique avancée avec une spécialité mention psychiatrie et santé au centre hospitalier Sainte-Marie de Clermont-Ferrand. Et nous accueillons aussi Sophie Roussel. Bonjour Sophie.
Sophie Roussel : Bonjour.
Yolande Naudin
Donc vous êtes directrice grande région à l'association, NIGHTLINE France. Commençons sans plus tarder, tout simplement, on va essayer de comprendre ensemble la santé mentale. Je voulais aussi vous prévenir, vous pouvez poser vos questions dans le chat prévu à cet effet à droite de votre écran. Sachez que nous avons deux modérateurs et je tiens à les remercier puisque nous avons Pauline Kresinski et Gérald Chambas qui font partis du réseau ECAFIP qui sont là aussi pour répondre à vos questions. Alors commençons sans plus attendre, je crois que vous avez décidé de faire une présentation à deux, Julie et Guillaume, je vais vous laisser la parole pour nous présenter un petit peu les axes de la santé mentale des jeunes.
Guillaume Legrand
Merci Yolande. Bonjour à toutes et à tous, Julie et moi, on est vraiment très heureux d'intervenir aujourd'hui sur la santé mentale des jeunes. C'est une thématique qui nous tient particulièrement à cœur. Et je tiens, avant de commencer finalement ce webinaire, à remercier Via Compétences pour l'organisation sur ce sujet très important. Alors un sujet important, on va peut-être commencer tout de suite en fait par des chiffres et peut-être un chiffre très récent. Je voulais commencer peut-être sur cette notion. On vient d'apprendre sur les chiffres 2024 que la consommation en soins des 5-19 ans avait augmenté de 32% pour l'année 2024. Donc on voit à quel point la santé des jeunes est vraiment importante et les conséquences psychiatriques qui peuvent en découler également. On va passer sur la slide avec des chiffres qui nous permettent de considérer la santé mentale des jeunes. On sait aujourd'hui que cette période finalement entre 12 et 25 ans, c'est une période qui est une période de transition individuelle où les jeunes vont s'affirmer d'un point de vue identitaire, où finalement leurs habiletés sociales vont se développer de façon très importante. C'est une période qui est vraiment cruciale et elle est marquée aussi par une forte vulnérabilité psychique. Si on regarde un petit peu les études, les auteurs dans la littérature vont retrouver des chiffres importants. On retrouve notamment 15 jeunes sur 7 pour les 19 ans souffrent de difficultés psychiques au sens large, ce que l'on peut appeler finalement un mauvais état de santé mentale pour ces jeunes. Il existe finalement un défaut de repérage et des difficultés d'accompagnement dans cette population. C'est une situation qui est particulièrement préoccupante, puisqu’une autre donnée, c'est que la moitié des troubles psychiatriques vont commencer dès l'âge de 14 ans, on peut les repérer dès l'âge de 14 ans, et ça reste insuffisamment détecté et traité dans la plupart des cas. Un autre chiffre qui est peut-être un peu marquant, c'est que le suicide représente la troisième cause de décès chez les 15-29 ans, selon l'OMS, ce sont des chiffres de 2020. Si cette fois on se tourne du côté de la population des jeunes pour lesquels des troubles psychiques ont déjà été identifiés, là on va retrouver que dans la littérature ces jeunes vont être particulièrement exposés à l'exclusion sociale, à la discrimination, à la stigmatisation, aux difficultés scolaires et éducatives et surtout à des comportements à risque qui vont impacter vraiment leur santé, à la fois psychique mais aussi leur santé physique. On retrouve également que cette population présente plus de problèmes de violence, notamment au niveau sexuel, de harcèlement et des difficultés socio-économiques. Il existe pourtant des facteurs protecteurs, comme la qualité du lien familial et la qualité de la relation avec les pères, mais on va revenir dessus sur ce webinaire. Il est donc finalement essentiel de développer une meilleure compréhension de leurs besoins et de mettre en place des outils pour repérer et les accompagner au plus tôt. Je souhaitais vous mettre un peu cette slide aussi, pour illustrer également ces chiffres et leur retentissement. Cette slide va montrer l'incidence des maladies invalidantes en fonction de l'âge. On voit sur ce schéma que pour les 15-30 ans, ce sont les maladies psychiques qui vont représenter la plus grosse cause de handicap dans ce créneau d'âge.
Julie Cartier
Sur cette diapositive, nous allons explorer trois termes clés qui sont souvent utilisés, mais parfois confondus dans le domaine de la santé mentale. La souffrance psychique, la vulnérabilité psychique et les troubles psychiques. Commençons par la souffrance psychique. Il s'agit d'un état de mal-être, d'une détresse émotionnelle, qui peut survenir face à des situations difficiles, des traumatismes ou des problèmes existentiels. Il est important de noter que la souffrance psychique n'est pas nécessairement synonyme de maladie mentale. C'est sa durée, son intensité et son impact sur la vie quotidienne qui déterminent si une prise en charge professionnelle est nécessaire. Ensuite, nous avons la vulnérabilité psychique. Elle désigne une fragilité, une sensibilité accrue aux problèmes de santé mentale. Certaines personnes sont plus susceptibles que d'autres de développer des troubles psychiques en raison de facteurs génétiques, environnementaux ou de leur histoire personnelle. Enfin, les troubles psychiques sont des conditions médicales diagnostiquées caractérisées par des perturbations émotionnelles, cognitives et comportementales significatives. Ils entraînent une souffrance psychique et des difficultés dans le fonctionnement personnel et social. Les troubles psychiques sont répertoriés dans des manuels de référence, tels que la CIM10 ou le DSM-5, qui sont utilisés par les professionnels de santé mentale du monde entier. Pour illustrer ces concepts, prenons un exemple. Une personne qui vient un deuil difficile peut ressentir une souffrance psychique intense. Si elle a une vulnérabilité psychique préexistante, par exemple des antécédents familiaux de dépression, elle sera plus à risque de développer un épisode dépressif caractérisé, qui est un trouble psychique nécessitant un traitement spécifique. Il est donc crucial de bien distinguer ces trois termes pour mieux comprendre les enjeux de la santé mentale et pour orienter les personnes vers les ressources appropriées.
Guillaume Legrand
Alors, on va parler un petit peu des dimensions de la santé mentale avec la question de l'approche holistique. On va revenir sur ce terme holistique. La santé mentale, c'est un concept qui est complexe. Ça englobe vraiment des dimensions qui sont interconnectées et on voit là, sur cette slide, apparaître les trois grandes dimensions. Donc, la première dimension, c'est la dimension émotionnelle et par exemple, elle concerne finalement cette capacité à ressentir, à gérer les émotions comme la joie, la tristesse, la colère, la peur qui est une dimension qui est particulièrement importante et sur laquelle on va pouvoir agir, nous, dans différents cadres. La dimension psychologique, qui est aussi essentielle, est liée à l'estime de soi, finalement à un sentiment d'autonomie, à notre sens du but de la vie . Et enfin, la dimension sociale, qui va renvoyer, elle, à la qualité de nos relations sociales. Et je vous rappelle que c'est un des facteurs, un moment protecteur qu'on a pu voir sur la santé mentale des jeunes et donc c'est ce qui va nous permettre aussi d'avoir une intégration dans la société. Ces trois dimensions comme je le disais sont intimement liées. Par exemple une personne qui va souffrir d'une faible estime de soi peut rencontrer des difficultés à créer des liens sociaux et vice versa. Pour prendre soin de la santé mentale, il est donc important d'adopter une approche holistique. C'est ce que je disais en introduction de cette slide. L'approche holistique, ça veut dire prendre en compte l'individu dans sa globalité, en tenant compte de l'ensemble de ses dimensions, donc à la fois physique, émotionnelle, psychologique et sociale. Et ce n'est pas juste finalement traiter les symptômes de manière très isolée, mais bien comprendre l'individu dans sa globalité et dans tout ce qui peut mieux l'accompagner dans une vision très globale des choses. Finalement, c'est crucial de bien comprendre ces dimensions et ça nous permet de comprendre les besoins spécifiques des jeunes en matière de santé mentale.
Julie Cartier
L'adolescence est une période charnière, un véritable tremplin pour l'avenir. C'est là que se construisent les compétences essentielles pour un équilibre mental solide. Mais qu'est-ce qui favorise ou au contraire compromet cette santé mentale ? Tout au long de notre vie, une multitude de facteurs interagissent pour façonner notre santé mentale. On peut les classer en plusieurs catégories. Tout d'abord, les facteurs individuels. Nos gènes, notre tempérament, nos compétences émotionnelles, ils nous rendent plus ou moins vulnérables face à des difficultés. Imaginez une personne avec une prédisposition génétique à l'anxiété. Elle aura besoin de plus de ressources pour maintenir son équilibre. Ensuite, nous avons les facteurs sociaux et environnementaux, la pauvreté, la violence, les discriminations. Ces conditions difficiles créent un stress constant, un terreau fertile pour les problèmes de santé mentale. Pensons aux jeunes qui grandissent dans des quartiers défavorisés. Ils sont exposés parfois à la violence et au manque de perspectives. Heureusement, il existe des contrepoids, des relations positives, un environnement bienveillant, une éducation de qualité. Ce sont des piliers qui renforcent notre résilience, notre capacité à rebondir face aux épreuves. Prenons l'exemple de l'adolescence, un jeune qui a des difficultés à gérer ses émotions, qui subit du harcèlement à l'école, qui vit dans un environnement familial instable et particulièrement à risque. A l'inverse, un adolescent entouré d'amis soutenants, qui pratique une activité sportive, qui a accès à des ressources éducatives de qualité aura plus de chances de développer une santé mentale solide. Il est crucial de comprendre ces facteurs qui ne sont pas isolés. C'est leur interaction qui est complexe, qui détermine notre santé mentale. Un seul facteur de risque n'entraîne pas forcément de problème, et inversement. C'est un peu comme un puzzle. Chaque pièce compte, et c'est l'ensemble qui forme une image. N'oublions pas que des menaces peuvent être locales, comme la violence de quartier, ou mondiales, comme les crises économiques, ou le changement climatique, ou une pandémie, on a vécu ça récemment. Elles ont un impact sur la santé mentale des individus, des familles et même des populations entières. En conclusion, la santé mentale est un équilibre fragile, influencé par une multitude de facteurs. Pour la préserver, nous devons agir à tous les niveaux, renforcer les compétences individuelles, améliorer les conditions sociales et environnementales, et lutter contre les menaces locales et mondiales. C'est un défi collectif, mais aussi un investissement essentiel pour l'avenir de nos jeunes et de notre société.
Guillaume Legrand
Alors, si on considère finalement la santé mentale, ce n'est pas une donnée qui est statique. C'est vraiment un état qui est dynamique et qui va fluctuer au fil du temps. Si on imagine finalement une échelle avec d'un côté, tout en haut, la santé mentale optimale et tout en bas, le handicap psychique qui représente finalement les conséquences d'une mauvaise santé mentale, voire de troubles psychiatriques, chacun d'entre nous va se situer à un niveau différent de cette échelle avec une possibilité de varier en fonction de notre situation et en fonction de notre parcours de vie. Pour prendre un exemple, il serait normal de se sentir stressé avant un examen ou une présentation, d'ailleurs, comme aujourd'hui. Et il est normal aussi de ressentir une pointe de tristesse suite à un décès, voire des éléments dépressifs plus constitués au cours d'un deuil qui peut devenir d'ailleurs pathologique, vraiment dans un continuum. Ces fluctuations sont finalement très naturelles et ne signifient pas forcément un problème de santé mentale. Par contre, si les fluctuations deviennent persistantes, intenses, handicapantes, il est important de consulter un professionnel. Il est vraiment crucial de comprendre cette santé mentale comme un continuum et dire qu'il n'existe pas de limite précise entre la santé mentale, les troubles psychiques, la maladie psychiatrique, voire le handicap psychique dont on peut revenir. C'est une situation qui est finalement unique et qui nécessite une approche individuelle. Alors, le schéma, on va revenir sur l'autre slide, Yolande, s'il vous plait , je suis désolé. Ce schéma, finalement, il illustre une évolution du trouble psychique, de la vulnérabilité au potentiel handicap psychique. On peut finalement observer que l'évolution d'un trouble psychique, ce n'est pas une fatalité, bien que les troubles psychiques ont tendance à engendrer quand même des difficultés importantes. Et on va souligner que l'évolution naturelle de ces troubles peut être modifiée. C'est vraiment le message qu'on souhaitait passer aujourd'hui et dire finalement que la prise en charge précoce des troubles psychiques, elle est vraiment essentielle pour éviter une évolution défavorable et le développement de handicap. Il faut donc identifier les premiers signes de troubles de premier épisode et intervenir rapidement. Les interventions précoces, elles vont détecter rapidement les premiers signes de troubles et nous permettre de mettre en place des traitements adaptés ou des accompagnements attrapés parce qu'on n'a pas toujours, on va dire, non plus une question thérapeutique médicamenteuse à apporter. Voilà, donc je voulais dire quelques mots sur cette slide, on peut passer à la slide suivante.
Julie Cartier
Alors, cette diapositive clarifie la distinction entre le handicap mental et le handicap psychique, deux réalités qui sont souvent confondues. Concernant le handicap psychique, donc qui résulte de troubles psychiques sévères, limitant les activités quotidiennes, il est reconnu par la loi 2005, on fête les 20 ans cette année soulignant l'importance d'un accompagnement adapté et l'environnement joue un rôle clef. Un environnement adapté réduit le handicap. Le handicap mental concerne des limitations et des capacités intellectuelles présentes dès l'enfance. Il est différent du handicap psychique tant de ses causes que de ses conséquences. Il est essentiel de distinguer ces deux formes de handicap pour offrir un accompagnement adapté à chaque situation.
Guillaume Legrand
Sur la prochaine slide, on va revenir encore une fois sur cette notion dynamique et on va parler de concept de vulnérabilité, c'est-à-dire de repérage des éléments qui vont être à un moment des facteurs de risque d'évolution vers une mauvaise santé mentale ou des troubles psychiques et celle aussi de la prise en charge précoce. Donc là, on est vraiment dans le cadre d'une pathologie qui aura décompensé. Donc le repérage précoce, c'est un stade qui consiste finalement à vraiment identifier les facteurs de risque, les signes précoces de vulnérabilité chez le jeune. C'est une approche qui est vraiment proactive par rapport aux éléments qu'on peut évaluer et surtout les maladies qui vont à venir. Il faut détecter finalement les signaux d'alarme avant même l'apparition de troubles psychiques qui vont être déclarés. La détection précoce, elle, c'est un stade qui consiste à identifier les premiers signes des troubles psychiques. Donc on voit que ce ne sont pas forcément des moments qui sont très simples. Vous voyez que sur ce schéma qui est assez complexe, il y a une différence finalement entre des facteurs de risque d'épisodes psychotiques, un premier épisode psychotique, qui n'est pas forcément d'ailleurs un premier épisode d'une psychose chronique qui va se développer, et donc l'évolution qui peut arriver jusqu'à un moment, la maladie psychiatrique, la schizophrénie, c'est un exemple en tout cas qu'on peut apprendre sur ce schéma. Où là on va être dans une recherche d'intervention précoce et donc de repérage du premier épisode psychotique. Finalement, en conclusion de cette slide, la prise en charge des troubles doit être plus efficace, elle doit être le plus précoce possible, et l'intervention précoce peut modifier encore une fois l'évolution des troubles et des handicaps, et ça modifie vraiment le pronostic pour ces jeunes.
Yolande Naudin
Oui, merci. On voit bien effectivement l'importance de la détection précoce, mais finalement, quels sont les signes à surveiller ? Parce que là, on a beaucoup de professionnels qui nous suivent. Voilà, donc comment les aider finalement à repérer ces signes ?
Julie Cartier
Excellente question, Yolande. Et puis, la slide suivante, cette diapositive met en lumière les signes évocateurs qui doivent nous alerter sur une possible souffrance psychique chez un jeune. Il est essentiel de savoir les reconnaître pour agir rapidement et offrir un soutien adapté. Qu'est-ce qu'on peut surveiller ? Tout d'abord, des difficultés dans les activités quotidiennes. Nous devons être attentifs aux jeunes qui rencontrent des difficultés croissantes dans leurs activités. Cela peut se manifester par une incapacité à se rendre régulièrement à l'école, à l'université ou sur le lieu de travail, ainsi que par un absentéisme important et répété. Ensuite, des difficultés relationnelles. L'isolement social est un signal d'alerte. Un jeune qui se replie sur lui-même, qui refuse de communiquer avec les autres ou qui évite même les interactions sociales peut souffrir de problèmes psychiques. Les adolescents expriment souvent leur mal-être au travers de plaintes physiques. Soyez attentifs aux douleurs récurrentes, aux maux de tête, aux maux de ventre, surtout si aucune cause médicale n'est identifiée. Il y a également les troubles du sommeil. Le sommeil est un indicateur clef de la santé mentale. Des troubles tels que l'insomnie ou à contrario l'hypersomnie, les cauchemars ou le rythme de sommeil décalé peuvent signaler une souffrance psychique. Il y a aussi les situations d'échecs répétés. Les difficultés scolaires, professionnelles ou sociales récurrentes doivent nous alerter. Un jeune qui enchaîne les échecs peut se sentir dévalorisé et développer des difficultés psychiques. Ensuite, on est plutôt dans la catégorie des actes agressifs. Je les diviserai en deux catégories. Contre soi, tout d'abord. L'agressivité peut se retourner contre soi-même à travers des comportements autodestructeurs, comme la consommation excessive de toxiques, de substances, de drogues, les scarifications, des troubles alimentaires, que ce soit l'anorexie, la boulimie, ou on peut aller jusqu'aux tentatives de suicide. Contre les autres, la créativité peut aussi se manifester par la violence verbale ou physique envers les autres. On a aussi la souffrance morale, qui peut être liée à des traumatismes passés, comme la maltraitance ou le harcèlement, ou à des difficultés actuelles, comme des problèmes familiaux. Nous pouvons avoir également des jeunes qui présentent des troubles cognitifs. Ils peuvent être également des critères d'alerte, comme les difficultés importantes à maintenir l'attention, ainsi que des plaintes ou des difficultés à mémoriser. Quand s'inquiéter et que faire ? Si vous observez ces signes chez les jeunes, surtout s'ils persistent, s'accumulent ou ont un impact négatif sur leur vie quotidienne, il est crucial de chercher de l'aide auprès d'un professionnel de la santé mentale. N'hésitez pas à consulter, même en cas de doute. Une prise en charge précoce est essentielle pour prévenir l'aggravation des troubles et favoriser le rétablissement.
Sur la slide suivante, on va évoquer les facteurs de protection. Un soutien familial fort, un réseau d'amis bienveillants, des activités extrascolaires enrichissantes sont des facteurs protecteurs importants pour la santé mentale des jeunes. Ces éléments permettent de créer un environnement positif et sécurisant qui favorise le développement de la résilience et de la confiance en soi. Il est également important de mobiliser les ressources internes et externes disponibles pour soutenir les jeunes. Ça, ce sont des choses qu'on fait beaucoup en réhabilitation psychosociale. On s'appuie sur les ressources internes des jeunes. Ça peut être la confiance en soi, le courage, une bonne hygiène de vie, quelqu'un qui dort bien, quelqu'un qui prend soin de soi. Donc ça, c'est toutes les ressources internes des jeunes. Il y a aussi les ressources externes qui font appel à des tierces personnes, à savoir des enseignants soutenants, un réseau amical soutenant également, une famille qui accompagne le jeune. Mais ça peut aussi passer, certains jeunes nous témoignent que l'aide a pu être apportée par un animal de compagnie, qui peut être un acteur favorisant le rétablissement. Cette diapositive aborde un concept essentiel pour notre bien-être, la santé mentale positive. Loin de se limiter à l'absence de troubles, elle se définit comme un état de bien-être global, où chacun peut s'épanouir et contribuer à sa communauté. L'Organisation mondiale de la santé, l'OMS, le définit comme un état de bien-être permanent à l'individu, permettant à l'individu de se réaliser et de surmonter les tensions normales de la vie, d'accomplir un travail productif et de contribuer à sa communauté. Cela implique donc se sentir bien dans sa peau, ressentir du bonheur, de la satisfaction et de l'optimisme, avoir des relations sociales positives, se sentir connecté aux autres et bénéficier d'un réseau de soutien, trouver un sens à sa vie, avoir des projets, des passions, un but, développer ses compétences, être créatif, résoudre des problèmes et s'adapter aux changements, prendre soin de soi, avoir une alimentation équilibrée, pratiquer une activité physique et se reposer suffisamment. En résumé, la santé mentale positive, c'est cultiver le bonheur et le bien-être en développant ses ressources personnelles et en entretenant des relations positives avec son environnement. Ce concept est très important, tout d'abord en matière de prévention. En se concentrant sur les facteurs de bien-être, elle contribue à prévenir l'apparition de troubles psychiques. Au niveau de la résilience également, elle renforce notre capacité à faire face aux difficultés de la vie. Elle impacte aussi la qualité de vie, elle améliore notre bien-être dans tous les domaines, personnel, professionnel et social. En conclusion, la santé mentale positive est un enjeu majeur qui concerne chacun d'entre nous. Elle nous invite à prendre soin de nous, à développer notre potentiel et à trouver sens à notre vie.
Guillaume Legrand
Alors, on ne pouvait pas ne pas présenter le concept de rétablissement en santé mentale qui est vraiment un nouveau paradigme de prise en charge, de prise en soins des personnes en psychiatrie. Alors qu'est-ce que c'est que le rétablissement ? Le rétablissement c'est finalement la capacité d'une personne à vivre une vie pleine et satisfaisante. C'est-à-dire qu'on ne va pas forcément s'intéresser aux symptômes, aux éléments, aux syndromes, à tout ce qui est très pathologique, mais ce qui va nous intéresser en premier lieu, c'est vraiment la qualité de vie de la personne. Et ça ne veut pas dire finalement un rétablissement, la disparition des symptômes qu'on va pouvoir constater, mais plutôt le fait de retrouver un sens à sa vie pour la personne, retrouver finalement une place dans la société. Alors ça peut se traduire par la reprise d'études, la recherche d'un emploi, la participation à des activités sociales, la création de liens significatifs aussi avec d'autres personnes. Et c'est un processus qui est vraiment individualisé et qui va dépendre finalement des aspirations et des besoins de la personne. C'est vraiment essentiel de pouvoir contribuer au rétablissement des jeunes, créer un environnement qui soit inclusif, offrir des opportunités d'apprentissage, des opportunités d'épanouissement pour les accompagner dans leur projet de vie. On va parler de projet de vie et pas de projet de soins en tant que tel. C'est vraiment la nuance par rapport au concept de guérison qui vient souvent s'opposer à la question du rétablissement, mais qui ne sont pas vraiment des éléments qui doivent s'opposer en tant que tels. En tout cas, le paradigme et le prisme de lecture, ça doit être le rétablissement du jeune.
Yolande Naudin
Merci pour ce premier éclairage, en tout cas sur la santé mentale. C'est vrai que d'avoir une vue d'ensemble et de reposer un peu les concepts, ce n'est pas inutile. Et justement, on va prendre un petit temps d'échange, question-réponse, on a prévu de le faire après chaque intervention. Donc, on a Thierry qui nous demande, est-ce qu'il y a des études finalement, sur l'influence des réseaux sociaux, avec les influenceurs qui prônent plus ou moins l'anorexie mentale ou des conduites suicidaires, on est encore dans l'actualité récemment. Est-ce que vous avez connaissance de certaines études à ce sujet ?
Guillaume Legrand
Alors, oui, merci de cette question. En effet, il y a différentes études qui ont été menées sur l'influence des réseaux sociaux. On est surtout sur des études un peu de conséquences, je crois que malheureusement, on est déjà des conséquences assez dramatiques, d'exemples qui peuvent être sur différents réseaux sociaux. En tant que tel, on est plutôt, encore une fois, et c'est un peu l'enjeu aussi de la présentation aujourd'hui, on est souvent finalement dans une observation des conséquences qu'on peut avoir par rapport à l'exposition à un phénomène, mais pas trop dans les recherches des causes. Et là, encore une fois, si les jeunes passent beaucoup de temps sur les réseaux sociaux, il y a sans doute des éléments à pouvoir étudier et pouvoir leur offrir aussi d'autres opportunités pour pouvoir prévenir justement les conséquences d'exposition aux réseaux sociaux. En tout cas, oui, il existe des études qui montrent les conséquences des réseaux sociaux en termes d'impact négatif sur la santé mentale des jeunes.
Yolande Naudin
Merci. Ensuite, une question qui finalement, en tant que professionnel, qui accompagne des jeunes, comment leur parler ? Comment ne pas les braquer avec l'étiquette d'être un adulte ? autoritaire ou autorité faisant preuve d'autorité comment s'y prendre ?
Julie Cartier
Le lien de confiance est à créer je pense. C'est vrai qu'il y a des études justement sur cette thématique qui sont sorties en particulier aux Etats-Unis sur le réseau scolaire où des professeurs ne se sentaient pas légitimes d'aborder le sujet de santé mentale et c'est vrai que la première approche comme je vous le présentais tout à l'heure ce sont les premiers éléments qui sont symptomatiques. Un jeune qui ne dort pas bien, ça peut être une première accroche pour dire « Ou lala, tu as l'air fatigué, il se passe quelque chose à ton niveau » . Les réticences des professeurs aux États-Unis, c'est plutôt de parler d'éléments symptomatologiques un peu plus lourds, comme des hallucinations ou des choses comme ça, où ils ne se sentaient pas légitimes. Là, c'est bien de faire référence aux réseaux qu'on peut avoir, comme les psychologues scolaires et les soignants scolaires. Le médecin généraliste est forcément quelqu'un qui est ressource aussi dans le parcours de la santé aborder ces sujets, ce n’est jamais évident et je pense que ça passe par la confiance et la connaissance de l'autre.
Guillaume Legrand
Je peux me permettre juste de compléter un tout petit peu les propos de Julie et je pense qu'il y a un exemple qui est vraiment concret en termes de difficultés, c'est la question du risque suicidaire et des idées suicidaires. On a toujours à tort la pensée que de demander à quelqu'un s'il a des idées noires ou des idées suicidaires, ça va favoriser le passage à l'acte. Or, ce n’est pas vrai du tout. Toutes les études l'ont montré. Il faut au contraire verbaliser et faire verbaliser ces idées noires, ces idées suicidaires. Ça déculpabilise finalement le jeune qui est dans une situation très ambiguë par rapport à quelque chose qu'il ressent, dont il se sent très coupable. Et donc globalement, il ne faut pas avoir peur à un moment de poser directement les questions aux jeunes qui vont pouvoir répondre. Ça c'est vraiment un élément, le risque suicidaire sur lequel il faut, je pense, appuyer un peu et renforcer la prévention.
Yolande Naudin
Merci pour ces précisions. On avait Stéphanie qui est intervenante à l'université et qui se posait la question finalement par rapport certains signes, par rapport à ces étudiants qui ont entre 20 et 25 ans, vers quels professionnels finalement les orienter ? À qui vous pensiez quand vous parlez de professionnels ?
Julie Cartier
Si vous êtes sur le réseau universitaire, il y a des services qui existent. Donc le SUH, le service universitaire handicap, le service de santé universitaire, le SSU, et il y a aussi un service qui est plus spécifique à la santé mentale. Alors moi, je vous parle de l'organisation clermontoise, mais je pense que c'est similaire dans chacune des universités. C'est le BAPU, le Bureau d'Aide Psychologique Universitaire. Là, il y a vraiment des professionnels de santé mentale, des psychiatres, des infirmiers qui accompagnent les jeunes avec ces bénéfices ces difficultés-là.
Guillaume Legrand
Autre élément, certaines UFR, j'ai l'exemple de l'UFR médecine et professions paramédicales de Clermont-Ferrand, lancent des petites cellules où certains enseignants vont ouvrir un peu les portes d'un bureau qui permettrait à des étudiants justement de venir aussi déposer des difficultés. Et après, nous, bien sûr, dans nos dispositifs, on fait le lien avec l'ensemble de ces partenaires et de ces cellules pour pouvoir répondre le plus rapidement devant la situation qui est présentée aussi avec les difficultés qu'on rencontre aussi actuellement en termes de possibilités de recours à un professionnel de santé, de la santé mentale actuelle.
Yolande Naudin
Merci, je vous propose de continuer, surtout que la transition est pratiquement toute faite. Effectivement, puisque dans la deuxième partie de ce webinaire, nous pensons présenter des actions de prévention. Alors on sait que la plupart des jeunes, beaucoup disent de ne pas prendre soin de leur santé, donc il y a une façon un peu différente de s'occuper d'eux. Et je vais laisser la parole à Sophie pour nous présenter justement déjà peut-être l'association Nightline.
Sophie Roussel
Bonjour à toutes et tous, enchantée de pouvoir coanimer ce webinaire aujourd'hui. Donc l'association Nightline France, c'est une association qui est portée par des jeunes qui sont accompagnés par des professionnels et qui vise à améliorer la santé mentale des étudiants et des jeunes à plusieurs échelles, dans une dimension individuelle et aussi dans une dimension collective et même systémique, puisque comme cela a beaucoup été dit dans le chat, il y a aussi tout un contexte politique, social, sociétal qui influence notre santé mentale. Et donc notre mission chez Nightline, c'est d'essayer d'apporter des réponses, en tout cas de faire du plaidoyer sur ces questions pour que des réponses puissent être apportées. Aujourd'hui, je voulais vous présenter deux actions de prévention qu'on mène chez Nightline. On en fait plein d'autres, mais il y en a deux qui me semblaient assez pertinentes à vous présenter. Une action de prévention primaire et une action de prévention secondaire. La prévention primaire, c'est vraiment tout ce qu'on va essayer de faire pour éviter ou réduire l'incidence de maladies ou de difficultés chez les jeunes. Nous, dans cette veine-là, on a développé la fresque de la santé mentale. Peut-être que vous êtes familier de l'outil La Fresque du Climat. C'est exactement calqué sur le même modèle. C'est un atelier d'intelligence collective qui dure trois heures, qui rassemble un petit groupe de participants. Nous, on vit des jeunes avec cet outil, puisque c'est un peu notre façon de faire chez Nightline. L'idée, c'est qu'un binôme d'animateurs, qui sont formés par nos soins en amont, anime autour d'un contenu qui est très universel dans une idée qui n'est pas thérapeutique. Le but de la fresque de la santé mentale, c'est vraiment de découvrir le sujet, d'essayer de comprendre de quoi on parle quand on parle de cette fameuse santé mentale. Et on essaye, nous, d'instaurer ça dans une dynamique de pair à pair. Donc, ce sont des jeunes qui parlent à des jeunes. C'est vraiment notre marque de fabrique chez Nightline dans tout ce qu'on fait. Et on a poursuivi en développant cet atelier de la fresque de la santé mentale. Qu'est-ce qu'on trouve à l'intérieur de cet atelier ? C'est un atelier qui est découvert qui vise en fait trois choses. Premièrement, on cherche à sensibiliser sur le sujet de la santé mentale, informer sur les ressources qui existent pour prendre soin de sa santé mentale et de celle des autres. Et enfin, de proposer des pistes d'action. Il y a toujours ça dans les fresques. Il y a toujours un dernier épisode, maintenant, qu'est-ce que je fais maintenant que j'ai collecté ces informations ? Donc, la fresque, ça s'utilise avec des lots de cartes. Donc, il y a trois temps dans l'atelier avec trois lots de cartes. Un premier temps d'introduction qui vise à comprendre qu'est-ce que la santé mentale. Donc tout à l'heure, on a donné la définition de l'OMS. Donc nous, on part de ça aussi pour travailler autour de la question. Ensuite, il y a tout un lot de cartes sur qu'est-ce qui influence la santé mentale. Donc on a parlé tout à l'heure des facteurs protecteurs notamment et aussi les facteurs qui peuvent l'aggraver. Et enfin, un temps de conclusion, un dernier lot de cartes qui est plutôt sur comment prendre soin de ma propre santé mentale, moi qui ai participé à cet atelier et de celle des autres avec qui je suis au quotidien en interaction. C'est un atelier qu'on a développé en 2024, donc on est encore au début de son déploiement, mais dès à présent, on a des retours d'évaluation. Alors nous, on utilise ce qu'on appelle le Net Promoter Score, c'est une méthode de satisfaction, disons, sur laquelle nous, on a voulu mesurer deux choses. La première, c'est qu’elle est ton intention de prendre soin de ta santé mentale avant d'avoir fait l'atelier et après l'atelier. Donc on voit que Le Net Promoter Score bascule significativement dans le positif, en tout cas. Ça veut dire qu'en participant à cet atelier, j'ai plus l'intention de prendre soin de ma santé mentale. On a aussi voulu évaluer la question des connaissances, du vocabulaire autour du sujet. On a une évolution vraiment positive et significative sur cette auto-évaluation qui est aussi imputable au fait d'avoir participé à une fresque de la santé mentale. Je vous fais une description un peu rapide. Je prendrai bien sûr les questions. Il me semblait aussi important de vous expliquer comment faire si cet outil vous intéresse et si vous voulez pouvoir l'avoir de votre côté. Certainement, ce qui vous intéressera, c'est le module Jeune, qui est sous deux formats : soit Nightline vient animer des ateliers de la fresque auprès des jeunes. Cela marche pour les endroits où nous sommes implantés. En l'occurrence, en Auvergne-Rhône-Alpes, on est basé à Lyon. Dans toute l'Académie Lyon, c'est assez facile pour nous de naviguer. Soit on n'est pas implanté et auquel cas, on peut vous proposez de former des jeunes de votre territoire pour qu'eux-mêmes, ils puissent animer cet atelier de la fresque de la santé mentale. Et enfin, l'autre possibilité, c'est de former un public un peu plus large, donc des professionnels, des gens qui sont en interaction avec les jeunes au quotidien. Et là, on vous met en relation avec des formateurs qui peuvent venir former des animateurs au niveau local dans votre structure. Donc ça, c'était le premier outil que je voulais vous présenter, qui est vraiment un outil de prévention primaire.
L'autre type d'intervention que je voulais vous présenter, c'est un dispositif de prévention secondaire. Donc là, c'est une intervention qui cherche vraiment à diminuer la prévalence d'une maladie, d'une difficulté dans une population. Et en l'occurrence, ce dispositif traite de la question du suicide chez les jeunes. Donc ça a très bien été dit auparavant. C'est malheureusement un des motifs les plus prévalents de décès chez les jeunes dans cette tranche d'âge. C'est malheureusement en constante augmentation. Depuis 2019, le nombre d'hospitalisations pour suicide chez les jeunes ne fait qu'augmenter. Donc on a travaillé, nous, avec le GEPS, le Groupement d'études et de prévention du suicide, qui est un organisme très reconnu sur le sujet, pour décliner le dispositif qui s'appelle Sentinelle en "Sentinelle étudiante", dans le but d'adapter vraiment ce module à la population étudiante, dans le but de faire acquérir des compétences sur le repérage et l'orientation des pairs qui sont en détresse. L'objectif, c'est vraiment de faire des étudiants des acteurs de la prévention au quotidien dans leur communauté, puisque la première personne qui va repérer qu'un étudiant ne va pas bien, c'est souvent l'étudiant lui-même, même si les professionnels peuvent aussi être bien sûr très impliqués. Concrètement, qu'est-ce qu'on apprend dans cette formation ? C'est une formation pour apprendre à repérer vraiment des étudiants en souffrance dans leur communauté. Donc, quels sont un peu les signaux qui ont été évoqués d'ailleurs précédemment ? Comment on aborde avec cette personne qu'on a repéré le fait que, en fait : "je vois que tu ne vas pas bien et je voudrais pouvoir t'aider". On aborde aussi la question de l'orientation, puisqu'il ne s'agit pas de garder ça pour soi, mais bien d'orienter vers un professionnel. On travaille avec ce qu'on appelle les solutions d'aval. Une fois que l'étudiant a repéré un jeune qui ne va pas bien, vers qui on peut l'orienter ? Et aussi à connaître, en tant que Sentinelle soi-même, le champ de son action et ses propres limites. On ne cherche pas à en faire des super-héros, mais plutôt des veilleurs, des personnes qui sont au sein des communautés en capacité d'apporter des orientations, des pistes en tout cas pour aider la personne à aller mieux. Concrètement, ce module, il dure 9 heures. Donc il est animé en tout petit groupe, c'est 10-15 étudiants, avec un psychologue et un formateur pair. Donc c'est un étudiant qu'on forme nous-mêmes à l'animation, toujours dans cette logique de transmission de pair à pair. Et une fois que les sentinelles sont formées, il y a un minimum de sentinelles par établissement ou par structure, parce qu'on ne veut surtout pas que ces sentinelles se retrouvent isolées. Elles sont ensuite accompagnées par des psychologues de notre association dans un réseau qu'on anime régulièrement pour avoir des espaces où ils peuvent partager sur ce qu'ils ont vécu en tant que sentinelles. Est-ce qu'ils ont eu des difficultés ? Est-ce qu'il faudrait améliorer telle ou telle partie du process ? Et donc, ça nous permet aussi de les accompagner sur leur propre santé mentale dans une mission qui n'est pas simple de veiller sur ces pairs. Donc voilà, Nightline fait aussi plein d'autres choses. Je vous inviterai à aller sur le site internet de l'association, mais il me paraissait intéressant de vous présenter ces deux dispositifs, en tout cas qui sont présents sur le territoire au Auvergne-Rhône-Alpes.
Yolande Naudin
Oui, merci Sophie, justement. On a une question, je crois que c'est Léa qui nous demandait comment ça se passait au niveau des interventions. Est-ce que c'était payant ? Enfin, voilà, concrètement.
Alors, très concrètement, aujourd'hui, nous, on a des mécènes qui soutiennent l'association, donc il y a des institutions publiques, des institutions privées. Donc aujourd'hui, ce sont des choses qu'on peut proposer sans contrepartie financière pour les structures. En tout cas, sur toute l’académie de Lyon, il n'y a pas de sujet. Après, on cherche aussi, nous, à justement pouvoir développer du côté de Clermont-Ferrand ou du côté de Grenoble. Donc, si vous êtes intéressés, n'hésitez pas à vous mettre en relation avec moi. On donnera les coordonnées à la fin pour qu'on puisse voir ce qu'on pourrait faire au niveau local dans vos territoires.
Yolande Naudin
D'ailleurs, il y a Thierry, à ce propos, qui dit que les missions locales seraient intéressées aussi par des ateliers sur la Loire.
Sophie Roussel
On travaille avec les missions locales déjà, sur le périmètre Rhône et Loire. Donc, volontiers, je peux redonner les contacts de la collègue qui s'occupe du déploiement des fresques dans les missions locales.
Yolande Naudin
Pas de souci. Alors, je vous dis aussi, à la fin du PowerPoint, quand vous le téléchargerez, vous pourrez avoir les contacts. Voilà, c'est prévu. Pas de souci. Je vous propose de continuer. Je vois l'heure avance. Alors, on va parler d'un dispositif innovateur puisque c'est un dispositif qui allie aussi bien justement une prise en charge globale du jeune, on en a parlé, avec aussi bien sur le plan mental, sur le plan de la santé, sur le plan psychique. Donc, Julie et Guillaume, je vous laisse présenter.
Julie Cartier
Oui, merci Yolande. Donc, on va vous présenter le dispositif ECAFIP, qui est l'équipe de coordination et d'accompagnement à la formation et à l'insertion professionnelle en santé mentale. C'est donc un dispositif de repérage et de pistage précoce qui est orienté rétablissements qu'on a créé depuis trois ans maintenant. Alors tout d'abord, on va faire un petit topo sur la santé mentale et le travail en France. Une personne sur cinq est concernée au cours de sa vie par un problème de santé mentale. Comme vous le voyez sur la petite frise, le taux de chômage des jeunes de 15 à 24 ans est nettement supérieur à la moyenne nationale. Les problèmes de santé mentale représentent la deuxième cause d'arrêt de travail, ce qui engendre 20% des maladies du travail, soit 24 milliards de pertes de productivité pour les entreprises. C'est le premier poste de dépense hospitalière. Et le coût de la santé mentale en France, ma slide est à actualiser, représente maintenant 130 milliards d'euros par an. Donc là, sur une approche un peu plus populationnelle, on va parler des NEET. Les NEET, c'est les Jeunes No in Education, Employment or Training. C'est une catégorie sociodémographique qui regroupe les jeunes de 15 à 29 ans, ni en emploi, ni en formation, ni en études. En 2015, le nombre de NEET dans les pays de l'OCDE était d'environ 40 millions. En France, selon les données de l'INSEE, il représentait 12,5% des jeunes en 2022 soit environ 1,4 millions de personnes. Une récente étude nous mettait en lumière que 60% de ces jeunes NEETS auraient une vulnérabilité psychique versus 35% en population générale. Donc si on revient un peu sur les différents éléments qui ont pu nous amener à construire ce dispositif. Tout d'abord, on vous parlait tout à l'heure de rétablissement, de réhabilitation psychosociale. Une étude était sortie qui nous amenait à ce que pratiquement 80%, 79% des personnes qui étaient en parcours de réhabilitation, citaient le travail comme axe principal de rétablissement. Pour deux raisons. La première en lien avec l'autonomie. Quand on travaille, on peut payer son loyer, avoir accès à des loisirs, mais aussi pour une raison identitaire. Les personnes qui souffrent de troubles psychiques ont besoin d'être reconnues par la société par autre chose que par leur pathologie. Sur le centre hospitalier Sainte-Marie de Clermont- Ferrand, on a depuis les années 80, une structure qui était novatrice à l'époque, qui était un atelier thérapeutique. C'était une structure qui accompagnait les personnes souffrant plutôt de handicaps psychiques vers un réentraînement, une remobilisation professionnelle. Et cet atelier, ces dernières années, a accueilli une population différente, de plus en plus jeune et de plus en plus diplômée. Il faut noter que plus de 80% des sortants des ateliers thérapeutiques avaient une orientation vers le milieu protégé, les ESAT. Cette population de plus en plus jeune et de plus en plus diplômée ne se projetait pas du tout vers un objectif d'insertion en milieu protégé. Il faut savoir que depuis la loi 2005 et même plus tôt, l'orientation pour les personnes qui souffrent de troubles psychiques vers un milieu ordinaire doit être privilégiée et ce sont des populations qui souffrent de stigmatisation. Donc stigmatisation au recrutement à l'emploi, le terme « schizophrène » peut effrayer certains employeurs parce qu'il y a un gros travail à faire autour de la stigmatisation des troubles psychiques. Mais les personnes qui souffrent de troubles psychiques, à force d'être rejetées et de subir cette stigmatisation, subissent de l'auto-stigmatisation et ceci freine leur processus d'insertion professionnelle. Au niveau des données de la littérature, le taux de retour à l'emploi selon les méthodes classiques d'accompagnement et de 23%. Il y a des méthodes qui sont novatrices, enfin pas novatrices, elles existent depuis un certain temps, mais elles ont proposé une nouvelle approche. L'approche du modèle IPS, in Place entrain. On met les personnes en emploi et on réentraîne, alors qu'historiquement, on était plutôt dans une perspective de soigner les personnes, rétablir les personnes, et après seulement leur proposer un accès à l'emploi. Cette nouvelle organisation, le modèle IPS, permet d'augmenter ce taux d'insertion de 20 à 50%.
Guillaume Legrand
Le dispositif ECAFIP, c'est un projet qui est innovant et qui va répondre à un problème majeur qu'on rencontre, c'est le clivage historique entre le sanitaire, le médico-social et le social. Traditionnellement, ces trois secteurs ont tendance à fonctionner en silo, ce qui va créer des obstacles pour un jeune qui va nécessiter les différents domaines en tant que tel. Cela vient répondre à ce besoin en proposant une approche qui va être intégrée, coordonnée et surtout personnalisée. C'est un dispositif qui offre un accompagnement complet répondant aux besoins du jeune sur tous les plans, c'est-à-dire sa santé mentale, sur la question sociale aussi et donc sur le côté professionnel ou sur le retour à la formation puisque c'est la cible, le cœur de travail d'ECAFIP. C'est un modèle qui est encore une fois innovant, qui va s'articuler vraiment autour d'une équipe qui est pluridisciplinaire, qui va rassembler des professionnels de la santé mentale, des professionnels du social et des professionnels de l'insertion professionnelle. C'est une approche qui permet de garantir une prise en charge globale, encore une fois, qui est personnalisée et qui est adoptée à ses besoins des jeunes. Et on peut voir finalement que ça a été difficile de pouvoir lancer ce dispositif, parce que justement le cloisonnement du sanitaire, du médico-social et du social faisait qu'à un moment on avait des difficultés à trouver des financements, mais on a eu des soutiens qui étaient précieux pour pouvoir démarrer le projet. La région Auvergne-Rhône-Alpes nous a suivis, le conseil départemental du Puy-de-Dôme également, et puis des fondations, notamment la fondation Handicap Michelin, la fondation de France, la fondation Malakoff Humanis et la fondation Crédit Agricole. Donc finalement en 2023, Ecafip a pu se mettre un peu plus à partir du domaine sanitaire sur un financement particulier qui est un fonds d'innovation organisationnel en psychiatrie et c'est finalement une distinction d'avoir été lauréat de ce fonds qui va récompenser l'approche novatrice et l'engagement finalement sur la prise en charge et l'accompagnement des jeunes qui sont en difficulté. Sur la slide suivante, on va voir que l'approche d' ECAFIP est basée sur l'importance de la prise en charge précoce. On a vu sur les premières slides l'importance de cette prise en charge et de ce repérage. Il doit finalement intervenir à la fois sur le repérage précoce, c'est-à-dire identifier les facteurs de risque et les signes précoces de vulnérabilité, sur la détection précoce, c'est-à-dire identifier les premiers signes de troubles psychiques chez les jeunes, et enfin l'intervention précoce, qui est la mettre en place des interventions spécifiques dès l'apparition des premiers signes. Et on voit bien avec ce petit code couleur, finalement, que dans le repérage, on est dans le domaine de la santé mentale encore. Quand on est dans le dépistage, on est dans le domaine de la psychiatrie. Et donc, on passe finalement dans un champ et dans ce continuum qu'on soulignait en premier lieu.
Si on regarde sur la prochaine slide les actions finalement d'ECAFIP, finalement on va avoir un besoin d'agir sur le développement cognitif. Je le rappelle, 12-25 c'est ce qu'on appelle nous, l'adolescence cérébrale dans notre jargon, c'est-à-dire que c'est le moment où vraiment les processus neurologiques vont se développer chez l'enfant et l'adolescent et le grand adolescent, le jeune adulte, on va dire les choses de cette manière-là. Et donc le dispositif pour le développement cognitif va mettre en avant l'importance de ce développement et sur la détection finalement rapide de troubles qui pourraient bénéficier d'une remédiation cognitive assez rapide avec une intervention pour améliorer les capacités cognitives des jeunes, faciliter leur apprentissage, leur adaptation sociale et leur intégration professionnelle à terme qui est l'objectif du dispositif. Donc c'était la première cible. La deuxième cible, c'est prévenir les ruptures de parcours. Un jeune, finalement, il a souvent tendance à tester des choses, à pouvoir aller peut-être, quand on a réussi finalement à initier le premier contact avec lui, c'est plutôt bien, mais c'est très très difficile finalement de le faire revenir plus régulièrement sur des dispositifs. Et donc là, l'idée du parcours, c'est une coordination de parcours pour garantir vraiment la continuité, mais la continuité dans tous les domaines, dans les trois champs qu'on a pu évoquer avant, c'est-à-dire la continuité des soins, la continuité de son rétablissement et la continuité de son insertion pré-pro ou professionnelle pour vraiment assurer un suivi cohérent. Et puis Julie en parlait, la question de la stigmatisation des troubles psychiatriques reste quand même très présente et donc ECAFIP va vraiment s'engager dans la lutte contre la stigmatisation des troubles et handicaps d'origine psychique et surtout contre l'auto-stigmatisation. Donc l'auto-stigmatisation c'est finalement ce que le jeune va prendre de la stigmatisation extérieure et va avoir comme conséquence qu'il va se replier sur lui-même et avoir des difficultés à verbaliser ses propres difficultés et aussi des difficultés à pouvoir les exprimer auprès d'un environnement extérieur. Et donc, ECAFIP va avoir à la fois des actions de sensibilisation auprès des partenaires de la réinsertion professionnelle, mais aussi des entreprises, directement, c'est prévu. Et puis va avoir des actions aussi auprès des jeunes pour leur offrir finalement un mieux-être par rapport à ces élèves. Sur la dernière slide, qui me concerne en tout cas, le dispositif ECAFIP est finalement, je vous le disais, porté par une équipe qui est pluriprofessionnelle. C'est ça l'intérêt finalement du dispositif, c'est que cette équipe peut discuter de l'ensemble des éléments sur une situation plutôt que de recourir finalement à différents dispositifs qui seraient plutôt cloisonnés. Et vous pouvez voir apparaître, je vais m'attarder un peu sur cette notion, que dans l'équipe, on a des médiateurs pairs en santé mentale. Et des médiateurs pairs en santé mentale, ce sont, à l'instar de l'étudiant pair et de ce que finalement Sophie décrivait aussi dans son dispositif, nous on demande finalement à des personnes, des jeunes, qui ont éprouvé le processus de rétablissement, de venir témoigner de leur rétablissement et pouvoir de pair à pair, quelque part, accompagner le jeune et surtout sécuriser un tout petit peu son parcours et lui montrer qu'il y a de l'espoir, que tout est possible et qu'on peut aussi évoluer vers quelque chose de positif, même quand on a un trouble psychique. Donc les avantages finalement qu'on va retrouver pour le dispositif ECFAP pour les jeunes, c'est un accompagnement qui va être individualisé, vous l'avez compris. Un soutien qui va être multidisciplinaire en fonction des besoins qu'il va présenter à l'instant T qui va parfois être plus du recours sanitaire et du soin, ou de l'autre côté, parfois plus la conseillère d'insertion professionnelle qui va devoir agir. Et puis, surtout une question de sentiment d'appartenance. Julie en parlait un tout petit peu dans la première partie. C'est vraiment créer un environnement qui est bienveillant et sécurisant, où les jeunes se sentent compris et vraiment soutenus dans leur démarche de réinsertion. Et puis on peut voir aussi des avantages pour les partenaires. Donc c'est déjà une collaboration qui est facilitée puisque le dispositif va favoriser la collaboration entre les différents professionnels de santé mentale. C'est-à-dire que nous on connaît les collègues au niveau sanitaire et on peut faire le lien avec des CMP où je voyais dans le tchat qu'il y avait des questions sur des difficultés de recours aux soins de plusieurs mois. Nous, on va pouvoir faciliter de temps en temps, en fonction du degré d'urgence, le lien avec le partenaire sanitaire. Et puis, ça va être aussi pour les partenaires une meilleure compréhension des troubles psychiques. Et là, on va pouvoir amener, on va dire, par des sensibilisations, formations, informations, comment on va finalement aborder différents troubles et des troubles spécifiques. Et puis enfin, l'objectif des ECAFIP, et je voyais aussi dans le tchat qu'il y avait quelques questions sur comment on peut repérer, c'est peut-être mettre à disposition des outils et des ressources pour mieux repérer ces jeunes et mieux les accompagner. Et puis mettre surtout en avant leurs compétences, leurs ressources internes, comme le disait très justement aussi Julie en première partie, parce que c'est là-dessus qu'on va s'appuyer pour pouvoir un moment favoriser un bon parcours de réinsertion.
Julie Cartier
Pour mettre tout ça en lumière, je vais vous parler d'un exemple de parcours. Juliette, je précise, c'est un nom d'emprunt. Une jeune femme qui est venue nous rencontrer, elle avait 20 ans quand on l'a rencontrée. Elle était adressée par la Mission locale de Clermont. Dans son parcours, elle avait validé un bac littéraire assez brillamment, avec une mention très bien. Elle avait commencé des classes prépa et puis elle avait tout arrêté. Quand elle nous a rencontré, elle était de plus en plus repliée sur elle-même, c'est sa conseillère mission locale qui l'a accompagnée jusqu'à nous. Elle souhaitait acquérir son indépendance financière, elle vivait toujours chez sa maman, parents séparés, avoir accès à un logement autonome, passer son permis et puis être orientée vers une insertion professionnelle. A son niveau, elle évoquait des freins, en particulier au niveau des difficultés relationnelles depuis toujours un épuisement psychique par nécessité de sur-adaptation sociale, des troubles de la mémoire, le tout entraînement, un isolement social qui impactait sa qualité de vie. Elle se questionnait déjà à son niveau, elle le disait beaucoup, sur des troubles du spectre autistique. Donc on a mis en place un projet personnalisé sur trois axes. Tout d'abord au niveau de sa santé, on l'a accompagné vers un suivi avec un psychiatre libéral qui a rapidement instauré un traitement médicamenteux parce qu'en fait Juliette était très déprimée. Les difficultés ont drastiquement diminué à l'instauration du traitement avec elle verbaliser une nouvelle énergie et une amélioration dans ses difficultés de communication. En plus, la psychiatre vers qui on l'a accompagnée s'était formée. Alors ça prend du temps, un diagnostic de troubles du spectre de l'autisme. Elle a fait toutes les échelles d'évaluation et le diagnostic a effectivement été posé en janvier 2023. Elle a bénéficié aussi de soutien et de renforcement individuel autour des habiletés sociales par les professionnels des ECAFIP par des ateliers collectifs qu'on peut proposer. Cela lui a permis de travailler sur la déstigmatisation et de voir comment elle pouvait aborder sa situation de santé dans un environnement professionnel. Elle a bénéficié également d'un accompagnement individuel par une pair aidante, aussi autour du travail de déstigmatisation, son travail d'acceptation du diagnostic et l'aider dans l'élaboration de son projet. Dans son parcours, est ressortit aussi des éléments traumatiques. Au fur et à mesure de ce lien de confiance qu'on peut créer, elle nous a livré des éléments traumatiques familiaux sur lesquels elle a dû travailler parce qu'elle souffrait d'un syndrome post-traumatique en fait, elle avait toujours des reviviscences, elle revivait les scènes par des cauchemars, par des flashs, ce sont des signes d'éléments post-traumatiques. Et il y a un suivi qui a été mis en place auprès d'une psychologue qui lui a proposé une thérapeutique qui est le EMDR. Et elle a eu aussi un accompagnement vers ses rendez-vous de santé physique parce qu'en particulier les soins gynéco, elle n'avait pas du tout entamé de suivi à ce niveau-là, elle avait besoin. Sur le plan social, suite à l'accès du diagnostic, on a pu constituer un dossier MDPH avec une demande d'âge, de RQTH, et l'orientation vers un SAMSAH, trouble du spectre de l'autisme. Le dossier a été constitué. On a eu une réponse très rapide parce qu'on a un partenariat avec la MDPH et on regarde la situation de cette jeune. On avait besoin d'une réponse rapide. Elle a été orientée vers le SAMSAH, trouble du spectre de l'autisme. Elle a eu un accompagnement également à l'ouverture d'un compte CAF et à son usage. Elle a été aussi orientée vers une auto-école qui est sensibilisée à notre public, avec qui on a lié un partenariat, où elle a validé son code et elle est en train de passer des leçons conduites. Sur le plan professionnel, elle a un suivi régulier avec une conseillère en insertion professionnelle du dispositif, qui l'aide dans l'élaboration de son projet professionnel. Elle a pu bénéficier d'un stage via une association qui est territoriale, l'association Alteris avec un travail sur la matière du cuir. Elle a repris un suivi actif à la mission locale et à terme, elle a pu bénéficier d'autres stages dans d'autres domaines professionnels. Et comme vous pouvez le dire en bas de la slide, c'est assez clair, mais c'est elle qui nous dit ça, ce qu'elle pense du dispositif. En fait, ses craintes, elle a pu se rendre compte que ces difficultés étaient réelles et elle a pu être orientée vers les professionnels qui ont pu les mettre en lumière.
Yolande Naudin
Merci, c'est intéressant aussi d'avoir cet exemple, ça permet de voir concrètement. Alors, beaucoup de questions, beaucoup d'échanges, je crois que vous allez avoir plein de contacts. Concernant le dispositif, est-ce qu'il existe au niveau régional, ECAFIP, est-ce qu'il y a une volonté de vouloir l'élargir sur d'autres territoires ?
Guillaume Legrand
Merci de cette question. Pour l'instant, c'est un projet Action Recherche et ECAFIP. Comme disait Julie, ça fait plus de trois ans maintenant qu'on réfléchit à la construction du dispositif. On a obtenu des premiers financements pour lancer en 2023 une première étude de faisabilité sur un an. On a reçu un succès assez important puisqu'on a eu énormément de demandes, je crois plus de 150 de mémoire sur la première année. C'est un dispositif qui a aussi, on va dire, un champ qui est départemental. On ne peut pas aller vraiment au-delà du champ départemental pour une équipe parce que c'est une équipe de coordination de parcours qui est coordonnée aussi par un médecin psychiatre. Et finalement, le nombre de situations qu'on peut suivre, il reste assez limité. Si le dispositif est trop gros, on sort aussi des réalités locales, des liens. Pour l'instant, on est vraiment, encore une fois, localisés sur le département du Puy-de-Dôme. C'est en test. Comme vous l'avez compris, on est lauréat du Fonds d'innovation organisationnelle en psychiatrie. Donc, on est financé pour trois ans. Au bout de ces trois ans, on aura une évaluation par la DGOS ( direction générale de l'offre de soins) sous l'égide de l'ANAP (agence nationale de la performance sanitaire et médico-social) et qui pourra nous dire si le dispositif est pérennisé ou pas au niveau local. Alors, bien sûr, on a des ambitions de vouloir répliquer le dispositif dans d'autres départements. Ça c'est l'objectif après avoir finalement validé les financements et la pérennisation pour le département du Puy-de-Dôme. Donc pour l'instant uniquement Puy-de-Dôme., mais velléité de pouvoir répliquer le dispositif d'essaimé sur d'autres départements.
Yolande Naudin
Donc à suivre et à venir nous en reparler finalement pour le bilan à l'occasion. Beaucoup de questions aussi sur Nightline, sur les coordonnées. Je vois que Sophie a répondu activement. Ne vous inquiétez pas, vous aurez les coordonnées en fin de présentation. Alors, je sais que le temps passe. Je vais quand même terminer. Je vous remercie déjà d'avoir répondu. Il y a beaucoup de questions.
On ne peut pas répondre à toutes les questions. Je crois que c'était vraiment une introduction. Ce qu'on a voulu faire, c'était vraiment une introduction à la santé mentale des jeunes, sachant que c'est un sujet très vaste.
Et moi, je voulais compléter en vous donnant, si vous souhaitez aller plus loin, vous trouverez aussi des rapports, effectivement, sur la santé mentale des jeunes par l'ARS. On a aussi Promo santé qui nous a fait un document spécial en nous donnant des ressources, la santé mentale en AURA, des points tous récents d'avril. N'hésitez pas à regarder aussi le replay du webinar. Et puis, je voulais aussi vous donner le réseau Transition qui a beaucoup d'informations. Tout à l'heure, on a évoqué où trouver de l'information comment aider les jeunes avec des brochures notamment qu'ils éditent sur santé psyjeunes, Psycom aussi et puis sans oublier les fils d'écoute aussi, fils santé jeune.
Donc je sais qu'il y a beaucoup de dispositifs en route, on va les suivre, on va essayer vraiment de pouvoir continuer parce qu'on voit que ce sont des thématiques qui sont importantes pour vous qui êtes sur le terrain et au contact des jeunes. En tout cas, on vous remercie. Restez connectés sur Via Compétences pour les prochains webinaires.
Et je voudrais vraiment remercier mes intervenants qui ont fait un gros travail de synthèse sur ce sujet-là. Et j'espère vous voir à bientôt sur un prochain webinaire. Bonne journée à tous. Au revoir.
Julie Cartier, Guillaume Legrand et Sophie Roussel
Au revoir.